La dernière série de photos en Inde. Demain (vendredi 2 Mai), nous nous envolons… vers la Thaïlande.
Dans le wagon-lit du train pour
Calcutta, la majeure partie des passagers est endormie quand le train s’arrête à une petite gare perdue. A peine ais-je le temps d’allumer une cigarette sur le quai, que
j’aperçois déjà un homme fouiller ma couchette dans le wagon.
En un éclair je me retrouve face au voleur qui sursaute en se prenant une première gifle. Abruti et surpris, l’homme se relève en position de combat. Nullement intimidé, je le gifle une seconde
fois, sous les regards ensommeillés des passagers. Les lumières s’allument soudainement, les indiens jacassent en tous sens et chacun s’agrippe à son sac. Le voleur fuit sans mot dire et je
retourne sur le quai finir ma cigarette. Mais le train redémarre déjà et je me retrouve, clope au bec, en train de courir pour rattraper mon wagon. A mon retour, un policier et son détenu
enchaîné sont assis sur ma couchette. Confus, je demande poliment à récupérer ma place. Le policier me cris dessus et se sert de sont détenu comme intermédiaire. Le prisonnier – imbibé d’alcool -
balbutie vulgairement, m’explique qu’il travaille pour le gouvernement et que je vais devoir partager ma banquette pour ce trajet de nuit… Contrarié, je m’assois et le détenu me raconte un tas de
salade et me donnant des coups de coude dans l’estomac toutes les 2 secondes comme si nous étions voisins de cellule. C’en est trop, j’engueule les deux hommes et les sommes de me foutre la
paix ! Mais la situation se retourne contre moi : le policier sort de ces gonds, prend la défense de son prisonnier et me hurle dessus comme si j’étais l’« Ennemi publique numéro
1 ». Devant le ridicule de la situation, Sandra intervient et cris plus fort que les deux hommes réunis. Bouche bées devant une telle autorité féminine, ils repartent sans insister. Le
spectacle est terminé, les indiens reteignent leurs lumières … encore 14h de train avant d’arriver à Calcutta…
PS : Ma roue arrière étant cassée, nous avons du rallier Varanasi – Calcutta en train
Pour un hindou, aller aux toilettes est un acte qui doit s’accomplir selon un rituel bien précis. Le lieu choisi ne peut être situé à proximité d’un temple, d’un banyan, du bord d’une rivière, d’un étang, d’un puit ou d’un carrefour fréquenté. Le sol ne doit pas être de couleur clair ni labouré, mais plat et dégagé, et surtout à l’écart de toute habitation. Avant de s’exécuter, un hindou doit retirer ses sandales si il en possède, s’accroupir aussi bas que possible et ne jamais se relever en cours d’action. Il doit prendre garde, sous peine d’offense grave, à ne pas regarder le soleil, la lune, les étoiles, un feu, un brahmane, ou une image pieuse. Il doit observer le silence et s’interdire de se retourner pour examiner son œuvre. Enfin, la règle veut qu’il finisse par se nettoyer avec un mélange de terre et d’eau. Malheureusement, ces règles ancestrales ne peuvent plus vraiment s’adapter dans un pays ou les bidonvilles des mégapoles se multiplient au galop !
7100 KM… toujours en Inde sous 50 ° au soleil. Notre acheminement vers
Calcutta se fait lentement mais sûrement. Ces dernières semaines, nous avons traversé de grandes villes (Agra et son Taj Mahal,
Jaipur, Lucknow) pour arriver aujourd’hui à Varanasi, ville sacrée de l’Inde au bord du Gange. Ici, il ne faut pas être surpris de rencontrer un
singe qui rentre naturellement dans votre chambre pour aller prendre une douche !
Ces deux 2 dernières semaines, nous avons eu la visite de notre ami Julien qui a pédalé avec nous et une succession d’intenses évènements se sont déroulés. Difficile de trouver de l’intimité en
Inde… la population est tellement nombreuse qu’où que vous soyez, quoi que vous fassiez, il y a toujours un hindou quelque part pour vous observer : sur les routes, en camping et lors des repas,
nous devons constamment affronté une horde de gens qui viennent scruter les extra-terrestres venus de nulle part ! Dès que vous êtes installé, un premier hindou appelle tout son village qui
appelle aussi le village voisin et en quelques minutes, une 50ène de personne vous regardent comme on regarde la télévision. Le montage de la tente est un spectacle, la préparation de la
nourriture est un spectacle, nos discussions sont un spectacle… et même la « pause pipi » est un spectacle ! Quand vous leur demandez de partir, ils ne comprennent pas et vous regardent avec
encore plus d’incompréhension. Ici, regarder les autres n’est pas gênant, c’est dans leur éducation. Quand les hommes partent enfin à la tombée de la nuit, les singes prennent la relève et vous
jettent des mangues sur la tente pour marquer leurs territoires. Au matin, ne soyez pas surpris de vous trouver nez à nez avec un buffle curieux avant que, de nouveau, tout le village arrive pour
assister au démontage de la tente ! Difficile de faire le vide dans sa tête avec tout ça ! Mais les hindous restent toujours aussi accueillants même si notre éducation ne nous permet pas de
comprendre la leur…. Oui ! L’Inde est une grande épreuve dans un voyage car c’est un pays difficilement compréhensible de l’extérieur : sa pauvreté, sa surpopulation…. Mais le plus important est
de savoir rester ZEN !
Gandhi nous dit : « tout ce qui n’est pas partagé est perdu »….
PS : faute de probleme technique, toutes les nouvelles photos sont a la fin de l abum photo Inde.
16 200 km au compteur…. Courbaturés de partout, muscles contractés, bouches desséchées et estomacs vides, nous arrivons enfin à la ville de JAIPUR à l’est du désert du Rajasthan.
Quel jour sommes-nous ? Dans ce décors sahélien, toute notion du temps s’était perdue…. Combien de jours passés sans eau potable dans cet immense désert ? Sur des petites routes d’entre-dune, le sable a progressivement recouvert le bitume, les routes se sont dégradées et la température est montée à 43° ! Nous avons souvent du pousser les vélos sur des chemins chaotiques et sableux. Dans les petits villages, les gens nous regardaient, ahuris et amusés de voir « deux blancs » traverser à vélo ce qu’ils ne traversent même pas à dromadaires. Mais nous avons fait des rencontres extraordinaires et partout, nous avons été reçus comme des Rois. L’échange est souvent riche dans les contrées reculées et la population n’hésite pas à vous offrir leur bien le plus précieux : l’eau (même si elle est vaseuse et imbuvable pour nous !). Eh oui ! Ce sont toujours les gens qui n’ont rien qui vous offre le plus !