"Nomade des temps modernes", j'emmène paître mes sens sur les vastes champs du monde, chevauchant une bicyclette chargée du nécessaire pour vivre en toute liberté.
On nous a toujours prévenu de l’extrême hospitalité Iranienne… alors nous ne jugerons pas ceci, mais nous ne devons pas avoir de chance dans ce pays. Voila plus de 2 semaines que nous pédalons sous des températures entre -20° et 3° et une succession d’évènements désagréables témoigne du réel changement culturel (le fameux « choc culturel »). En Turquie, on nous avait habitué à la gentillesse, au bon cœur et la solidarité. Ici, nous ne sommes que des clowns ambulants et personne ne respecte notre fatigue et nos besoins primaires (simplement boire de l’eau ou même dormir au chaud). Même si nous respectons les coutumes du pays, les hommes et les femmes rigolent de notre condition de cyclistes et les prix sont multipliés par 10 parce que nous sommes des « touristes occidentaux » comme ils disent. L’échange d’idées avec un « occidental » ne semble intéressé que les intellectuels… et inutile de vous dire comme ils sont peu nombreux sur les routes de campagne ! Sur la route, les voitures roulent à toute allure en sens inverse et les camions nous frôlent en déversant une pollution digne de remplacer les effets du nucléaire. Pour être honnête avec vous : nous ne sommes pas les bienvenus ici et notre « tour du Monde à vélo » est le cadet de leur intérêt. Même si je revêts le tchador traditionnel, je suis toujours - en tant que femme occidentale – un instrument susceptible de donner du plaisir et les hommes n’hésitent pas à me faire ce qu’il n’oserait jamais faire à une femme Iranienne (je passe ici les détails). Sur la route, nous avons eu le droit à des gestes insultants et personne ne s’est jamais arrêté pour proposer son aide alors que nous en avions besoin. La seule personne qui nous a hébergé (pour une nuit glaciale) ne nous a pas adressé la parole de toute la soirée : elle nous a accueilli par pur devoir de « bon religieux ». Mais nous ne jugeons rien car nous ne changerons rien ici. Nous devons juste avancer dans le silence et comprendre que nous traversons un pays obscurantiste ou l’accès à Internet est censuré. L’Iran est un pays pourtant magnifique avec une histoire culturelle étonnamment riche… malheureusement, l’effigie de Khomeiny semble avoir remplacé toute la poésie du pays…