"Nomade des temps modernes", j'emmène paître mes sens sur les vastes champs du monde, chevauchant une bicyclette chargée du nécessaire pour vivre en toute liberté.
Dans le wagon-lit du train pour Calcutta, la majeure partie des passagers est endormie quand le train s’arrête à une petite gare perdue. A peine ais-je le temps d’allumer une cigarette sur le quai, que j’aperçois déjà un homme fouiller ma couchette dans le wagon.
En un éclair je me retrouve face au voleur qui sursaute en se prenant une première gifle. Abruti et surpris, l’homme se relève en position de combat. Nullement intimidé, je le gifle une seconde fois, sous les regards ensommeillés des passagers. Les lumières s’allument soudainement, les indiens jacassent en tous sens et chacun s’agrippe à son sac. Le voleur fuit sans mot dire et je retourne sur le quai finir ma cigarette. Mais le train redémarre déjà et je me retrouve, clope au bec, en train de courir pour rattraper mon wagon. A mon retour, un policier et son détenu enchaîné sont assis sur ma couchette. Confus, je demande poliment à récupérer ma place. Le policier me cris dessus et se sert de sont détenu comme intermédiaire. Le prisonnier – imbibé d’alcool - balbutie vulgairement, m’explique qu’il travaille pour le gouvernement et que je vais devoir partager ma banquette pour ce trajet de nuit… Contrarié, je m’assois et le détenu me raconte un tas de salade et me donnant des coups de coude dans l’estomac toutes les 2 secondes comme si nous étions voisins de cellule. C’en est trop, j’engueule les deux hommes et les sommes de me foutre la paix ! Mais la situation se retourne contre moi : le policier sort de ces gonds, prend la défense de son prisonnier et me hurle dessus comme si j’étais l’« Ennemi publique numéro 1 ». Devant le ridicule de la situation, Sandra intervient et cris plus fort que les deux hommes réunis. Bouche bées devant une telle autorité féminine, ils repartent sans insister. Le spectacle est terminé, les indiens reteignent leurs lumières … encore 14h de train avant d’arriver à Calcutta…
PS : Ma roue arrière étant cassée, nous avons du rallier Varanasi – Calcutta en train