"Nomade des temps modernes", j'emmène paître mes sens sur les vastes champs du monde, chevauchant une bicyclette chargée du nécessaire pour vivre en toute liberté.
Sans cesse en activité, au champ comme à la maison, les dos se courbent du matin au soir pour les femmes du Cambodge. On travaille aussi dur que les hommes pour subvenir au besoin de la famille, sans comparaison de sexe ou de force. Les enfants sont nombreux dans les foyers et les maigres revenus ne suffisent pas pour les scolariser. Alors on y veille toute la journée, entre vaisselle entassée et interminable préparation des repas, vente continue de bouteille d’essence en bord de route et gardiennage des bêtes, lavage manuel des vêtements de 15 personnes et travail du potager. Et quand, par chance, il reste un peu de force à la grand-mère pour garder l’heureuse progéniture, on travaille de l’aurore au soleil couchant au piquage et repiquage des tiges de riz. Le corps plié en deux et les pieds macérant la bouillie terreuse des champs inondés, elles relèvent soudain la tète à l’approche de la caméra. Leurs regards s’illuminent. Et, s’essuyant machinalement le visage d’un revers de manche, elles sourient timidement à l’objectif, rigolent un coup… puis recourbent leur corps courageux pour se remettent silencieusement au travail.